Lycée FRÉDÉRIC MISTRAL

Lycée des métiers de la construction - NÎMES

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Frédéric Mistral, écrivain poète provençal

Frédéric Mistral jeune Frédéric Mistral naît le 8 septembre 1830 au mas du Juge à quelques kilomètres de Maillane, près de Saint Rémy de Provence, dans une famille de paysans aisés.

Élevé comme un fils de famille, Mistral passe d'abord quelques années au pensionnat de l'abbaye de Frigolet, non loin de Tarascon. Un ancien monastère situé dans la montagnette, écrit-il, jardin sauvage de plantes aromatiques et paradis ouvert, pour ses écoliers, en cage transparente...
Après avoir étudié à Avignon, Mistral passe son baccalauréat à Nîmes en 1847. Il éprouve une totale nostalgie de sa Provence, la vraie, celle dont on s'évertue à lui faire oublier la langue.
À Aix en 1848, Mistral s'engage dans des études de droit, afin de ne pas déplaire à son père, mais il revient en 1851 à Maillane et prend une ferme résolution : raviver en Provence le sentiment de race, provoquer une résurrection par la restauration de la langue maternelle et historique de mon pays, rendre la vogue au provençal par l'influx et la flamme de la divine poésie.

En 1852, à la suite du décès de son père, Mistral s'installe avec sa mère, dans la maison du Lézard.
Lorsqu'il se marie quelques années plus tard, il s'installe dans la maison en face.

Mistral a l'esprit suffisamment ouvert pour comprendre les changements du monde. Il s'interroge alors au sujet de l'avenir de la langue provençale et de la Provence qu'il aime tant.
Il songe aux gens du pays et il conclut que, en admettant que le progrès technique et scientifique améliore la condition humaine, ce dernier ne va pas vraiment de pair avec la simplicité et la qualité de vie d'antan. On ne goûterait plus ni n'apprécierait plus les choses simples de la vie dont on se contentait avant.

Frédéric Mistral et les félibresNaît alors l'idée du Félibrige, une école littéraire créée par Mistral le 21 mai 1854, avec six autres auteurs, ardents défenseurs de la langue provençale (la langue d'oc ou occitan) dont Théodore Aubanel et Joseph Roumanille, son maître en poésie.

La signification de Félibrige n'est pas clairement définie. Le félibre viendrait du latin felibris, nourrisson, pour le poète qui se nourrit de la Muse, mais aussi bien du grec pour le défenseur des livres, du beau...
Le mot Félibrige fut créé pour désigner à la fois l'oeuvre et l'association.
En fait, en optant pour le conservatisme linguistique, notre cher Provençal désire créer une sorte d'équilibre ; il tente de trouver le juste milieu entre le modernisme, vers lequel on tend inéluctablement, et la qualité de vie qu'il a connue. Le Félibrige doit contribuer à promouvoir et défendre le patrimoine naturel de la Provence ainsi qu'à empêcher l'extinction de la langue occitane qui a déjà disparu des grandes villes.

En 1859, Mistral monte à Paris présenter ses écrits à Lamartine.
À la suite de cette visite, Mistral publie « Mireille » (Miréio), un poême épique de douze chants. Son livre est salué par le monde entier, et par certains comme un chef-d'oeuvre. Quelques années plus tard, l'adaptation lyrique de Charles Gounod, fera de « Mireille » un véritable monument mondial.
Sept années plus tard, Mistral écrit « Calendal » (Calendau), dans lequel apparaît encore la farouche volonté d'indépendance des provençaux.
Parallèlement, il préside à la tentative pour élargir et développer le Félibrige de la Provence à la Catalogne.

Frédéric Mistral et Alphonse DaudetFrédéric Mistral et un de ses amis, Alphonse Daudet, se rencontrent souvent (Mistral était l'ainé de Daudet, de dix ans) et l'admiration de Daudet pour ce grand poète n'a pas de limite. Certains avancent que Daudet et Mistral se fâchent à la suite de « L'Arlésienne » écrite par Daudet. En effet, le cousin de Mistral se suicide en 1862, en se jetant de la fenêtre du mas du Juge où réside la famille, Mistral évoque cet épisode douloureux avec son ami Alphonse Daudet. Ce dernier s'en inspire largement pour écrire L'Arlésienne, ce qui déplaira à Mistral.

Entre 1875 et 1897, Mistral écrit une collection de poésies : « Les îles d'or » (Lis Isclo d'or), « Nerto», « La reine Jeanne » (La Rèino Jano), « Le poème du Rhône » (Lou pouémo dóurose), ainsi qu'un dictionnaire de Provençal : « Trésor du Félibrige » (Trésor dóu Félibrige).

En 1904, Mistral reçoit un des premiers prix Nobel de littérature. Il partage ce prix avec José Echegaray pour son étude de la langue et ses contributions littéraires. En outre, il établit un musée provençal en Arles.

Mistral ne bouge plus alors de sa maison en face de celle de sa mère, recevant de très nombreuses visites.
La plus surprenante viendra de « Buffalo Bill » (colonel William Frédéric Cody) qui, ayant franchi l'océan pour une tournée européenne du Wild West Show and the Rough Riders, ne manqua pas de venir saluer le poète en octobre 1905. Il laisse même son chien en cadeau à Mistral. Cette rencontre explique que, quelques années plus tard, un groupe d'indiens Sioux vient rencontrer Mistral dont les écrits ont eux aussi franchi l'océan.

En 1906, Mistral écrit ses mémoires, « Moun espelido, Memori è raconte ».

Roger Maurin rend visite à Frédéric MistralMistral s'est résigné aux grandes avancées du progrès et admire même les premiers pionniers de l'aviation.
Le poète prend conscience que l'aviation ne menace pas vraiment le mode de vie : elle symbolise plus la conquête du ciel par l'homme que l'invention usinière ou militaire.

Le félibre rédige des poésies et des quatrains sur le thème de l'aviation qu'il dédie à tous les aviateurs de l'époque : voilà qu'il réussit merveilleusement à faire accepter le progrès tout en l'accordant avec la traditionnelle langue provençale.
Il finance d'ailleurs la construction de l'aéro-club "Vauclusien Rhône et Durance" à Avignon en 1911, aujourd'hui un des plus vieux aéro-clubs de France, et dont il devient président d'honneur.
Le 2 juin 1911, en venant se poser avec son Blériot XI à Maillane, dans un champs près de la demeure du poète, pour le saluer, Roger Morin, provençal lui aussi et un des premiers as volants, honore la patrie du grand félibre. Mistral lui dédicace un exemplaire de son œuvre « Mireille ».

Frédéric MistralEn 1913, Raymond Poincaré, président de la République, rend visite à Mistral. Il lui remet la Légion d'Honneur.
Le poète refuse par contre un siège à l'Académie Française.
Le 25 mars 1914, dans sa maison de Maillane, s'éteint un grand Provençal.

"Prenen sis alo a l'iroundello
Jouvent ! a l’obri toutti daù
E la Prouvènco eilamoundant
S'envoulara dins lis estello."

"Prenons ses ailes à l'hirondelle
Jeunes gens ! A l’œuvre tous courageux
Et la Provence tout là haut
S'envolera dans les étoiles."

 

D'après les travaux de Mme Françoise Larhlid, enseignante Lettres-Histoire, avec ses élèves de seconde électrotechnique (P.V.)

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